Monday, 30 June 2008

Sigur Ros


Sigur Ros nous offre son nouvel album Med sud i eyrum vid spilum endalaust, disponible depuis le 23 juin. Ce 6ème disque est une bombe, peut-être le plus beau, le plus mûr, le plus abouti et les connaisseurs savent que les 5 autres sont déjà excellents.
Sigur Ros est un groupe islandais apparenté au post rock expérimental et ambient, né à Reykjavík de Jón Þór Birgisson au chant, piano et guitare, Kjartan Sveinsson au clavier, Orri Páll Dýrason à la batterie, Georg Hólm à la basse et ensemble symphonique de violons et violoncelles.
1997 le 1er album Von (espoir) est produit avec un petit budget sera poursuivi par Von brigði (désespoir) en 1998. Le groupe se fait remarquer en 1999 avec Ágætis byrjun (Un bon début). En 2000, Thom Yorke scotché par cet album leur demande d'assurer la tournée avec son groupe Radiohead. Et voilà Sigur Ros en piste ! 3 chansons du disque paraissent sur la B.O du film Vanilla Sky. 2002, c'est la sortie de l'album sans nom qui n'a pas de titres de morceaux non plus. Sigur Ros commence à intriguer, attirer l'attention par ses particularités qui le rendent mystérieux. 2002 est aussi l'année où leur chanson Staralfur de Ágætis byrjun vient clore le film La vie Aquatique de Wes Anderson avec Bill Murray et Cate Blanchett.

Cette nouvelle particularité adoube le groupe et le rend unique. Non seulement l'album ne porte pas de nom mais la langue utilisée n'existe pas non plus. Le chant est en Vonlenska (von: espoir + lenska:islandais), langue créee par Jon qui est un mélange d'islandais et de phonétique inventée par lui, que lui seul peut comprendre. Il voulait une langue en harmonie avec la musique. L'autre particularité du groupe est l'utilisation des instruments. Jon joue de la guitare avec un archet de violoncelle, ou encore Georg joue de la basse avec des baguettes de batterie, Orri fait sonner ses cymbales avec un archet...Nous voilà en 2003 et Sigur Ros est à plus d'un million de disques vendus, fait des concerts epoustouflants et en 2005 sort Takk (merci), album rayonnant et royal.

Il est là depuis le 23 juin et s'appelle Med sud i eyrum vid spilum endalaust. Ce disque est inclassable de beauté, absorbant, de l'émotion à l'état brut. Dès les premiers morceaux, les rythmes avancent comme des chevaliers sur la plaine islandaise, une armada de drakkars vaillants sciant les cîmes des vagues pour atteindre la Terre de glace. Gobbledigook, écrite par le groupe effaré devant le spectacle de l'Eurovision qui pour Jon est "une collection de la pire musique en Europe, et tout ça concentré en un soir".

Le deuxième titre Inní mér syngur vitleysingur (un dément chante dans moi) est ardent, nous transporte à l'écoute de la voix en falsetto de Jon. Le rythme est offensif, maintient la garde, les tambours font chalouper les coeurs dans Við spilum endalaust (nous jouons sans fin) jusqu'au majestueux Festival et ses 9 minutes de flots de notes, de dérive, de transe mystique. Suivent Með suð í eyrum (avec un bourdonnement dans nos oreilles) et les 4 grandioses chansons Ára bátur (canot) qui compte 70 musiciens de l'orchestre symphonique + le choeur de l'oratoire de Londres, Illgresi(Mauvaises herbes), Fljótavík (Un endroit en Islande), Straumnes (Une montagne près de Fljótavík) qui conclut de manière impériale. Sigur Ros est le prénom de la petite soeur et la grand-mère de Jon. Cela signifie Rose de la victoire. Les Sigur Ros, désormais mythiques, portent bien leur nom. (vidéo: Glósóli)
En concert: Belgique le 5 Juillet (Pour toi Fab !), France le 6 Juillet, Autriche, Suisse, Italie du 06 au 14, Benicassim le 17 et re-tournée européenne avec un passage en France, Festival la Route du Rock de St-Malo le 15 Aout.
sigur-ros.co.uk

Sunday, 29 June 2008

Dylan Mondegreen


C'est l'époque des gazouillis et picassements, des mariages et sorties de disques, c'est l'été.
Il y a un peu moins d'un an, Dylan Mondegreen alias Børge Sildnes sortait son premier album While I Walk You Home.
La nouveauté: il apparait cet été sur un coffret de 5 disques, compilation de chansons de Prince, Schockadelica. Mondegreen y reprend le titre Cinnamon Girl avec ses amis Frankie et Johnny de Aluminium Group.
Ce jeune et talentueux artiste scandinave enregistre donc son propre disque l'été dernier sur une île de la côte ouest norvégienne. Les compositions sont estivales dans le fond et la forme. Les mélopées sont chaudes, brillantes, d'une classe totale.

Les balades pop sont jouées à la guitare accoustique, ou encore dans un style folk-groovy. Børge s'est entouré des Margareths pour l'enregistrement. L'ambiance dans le studio devait être furieusement pop. Un peu bubble, un peu sunshine, un peu twee, l'instrumentation est fournie de violoncelle, de handclaps, de tambourin, de saxophone sur Girl in the Grass, glockenspiel, piano. Les claquements de doigts donnent un aspect artisanal et ludique comme sur Broken French, avec des pirouettes d'instruments à cordes et à vent sur While I Walk You Home. Les paroles sont riches et imagées. Dylan y fait une réelle déclaration à sa douce et tendre, les mots sont des friandises qui balancent sur des airs gourmands. Mondegreen enveloppe ses arpèges de guitare avec un chant limpide et chaleureux. Conseillé aux amateurs des Kings of Convenience, Pelle Carlberg.
A l'heure où je publie la chronique, Børge est en train de passer la bague au doigt de sa fiancée. Ce potentat de la pop nous offre une part de bonheur avec son album. Heureux mariage monsieur Sildnes!
myspace.com/dylanmondegreen

Friday, 27 June 2008

Dolour


Derriere le nom de Dolour se cache Shane Tutmarc, apparu pour la premier fois en 2001 avec son opus Waiting for a World War. Ce superbe album pop annonçait déjà un jeune artiste talentueux, nourri d'excellentes influences (Beach Boys, Beatles, High Llamas), qui avait fleuri son disque de balades pop au son sixties. Multi-instrumentiste, auteur-compositeur, Tutmarc vient de Seattle, USA. En 2002, il sort son deuxième album Suburbiac, New Old Friends en 2003, We make our own mistakes en 2005 et en 2007, The Years in the Wilderness. Ce dernier titre, explique Shane, correspond à son exploration musicale symbolisant ces deux années à la confection de l'objet, de l'écriture au studio.

Il travaille en famille, sort également deux albums sous le nom de Shane Tutmarc & the Traveling Mercies. Ceux-ci sont donc Shane au chant accompagné de son frère, Brandon à la batterie et Ryan à la basse.
Sur le récent The Years in the Wilderness, toute la crème musicienne de Seattle a participé à l'enregistrement comme Paul Mumaw (Jeremy Enigk, Damien Furado).
En solo sous le nom de Dolour, les albums sont complets, sonnent pop, bossa, country, rock, soul et on peut reconnaitre les groupes que Tutmarc aime: les Posies, Johnny Cash, Costello, Marvin Gaye et Brian Wilson des Beach Boys dont il fera une reprise Making God Smile sur le Tribute to the songs of the Beach Boy Brian Wilson de 2002.

Artiste admiré et reconnu comme l'un des meilleurs de la scène de Seattle, Tutmarc joue de la mandoline, de la guitare, piano et claviers et est le petit fils du virtuose de la guitare Bud Tutmarc. Shane fait preuve de brio en tant que musicien mais aussi qu'interprète, sa voix élastique donne l'impression de pouvoir tout chanter avec facilité. Le charmant (ça ne gâche rien) Shane Tutmarc se démarque avec aisance dans son domaine indie-pop, à tout point de vue.
myspace.com/dolour

Thursday, 26 June 2008

Michael Leviton


Auteur-compositeur, Michael Leviton est un esthète de la pop. Ce troubadour des temps modernes est un romantique patenté. Né en Californie, il vient s'installer à Brooklyn en 2002. Son premier album solo My Favorite Place to Drown sort en 2006 alors qu'il joue et chante au sein d'un autre groupe pop La Laque, groupe New-yorkais qui entonnent les chansons dans la langue d'asterix! Comme le titre Weekend qui est succulent.
Les textes de l'album de Michael fleurent bon l'air iodé, les plages et vagues, il y a aussi du soleil, du ciel bleu et des femmes. Armé de son ukulélé, il joue des airs un peu old-fashioned, aux arpèges d'antan et alterne avec des mélodies plus rock, plus pop avec une suite royale d'instruments: piano, guitare, violoncelle, glockenspiel, contrebasse, tambourin, batterie. Pour compléter ce sentiment d'abondance, des voix féminines se joignent à la sienne pour des duos.

Le disque est un divertissement tout le long de son écoute, on sourit, on s'extasie, on dodeline du chef. Doué d'humour, ses paroles au parfum maritime "the day wears on, i'm weak as a plankton, i'm small as a prawn.." sont croustillantes de drolerie. Il nous parle de ses souvenirs en maniant et tournant ses mots et finalement ses ruptures et chagrins d'amour en deviennent amusants. Dans I'm in love with the tip of your icebergs, il écrit "must you always play the glacier, must i play Titanic?". Il y règle également parfois ses comptes "to find the dumbest girl in the world, and they are all competing real hard, you've got it in the bag; i know you'll win the crown"
Pianiste depuis son enfance, Michael se met à la guitare à 16 ans, puis se découvre une réelle passion pour le ukulélé dont il est aujourd'hui professeur. Il dit "once you start playing the ukulele, it changes your life forever". C'est aussi l'avis du suédois Jens Lekman ou encore de groupes comme Beirut qui depuis le début 2000 ont remis cet instrument sous les feux de la rampe.
Michael joue du ukulélé bariton, apparu dans les années 40, plus grave et intime que le soprano. Cette sonorité rime avec l'atmosphère de My Favorite Place to Drown, qui propose des balades délicates, des perles pop smarts et élégantes. Les amateurs de pop ont pu constater le talent de Leviton lors de sa tournée en 2006 avec les They Might be Giants et Aurevoir Simone, et attendent le second disque avec célérité.
Album conseillé aux amoureux de Chet Baker, Jens Lekman, Chris Garneau, Beach Boys, Luke Temple, Jeffrey Lewis, Beirut.
(vidéo: The Beach Gets Gold)
myspace.com/michaelleviton